Les marchés européens reprennent leur souffle après le sursaut de la veille
information fournie par Zonebourse 11/03/2026 à 08:39
Après avoir aligné trois séances consécutives dans le rouge, les marchés européens avaient fortement rebondi hier sur fond de nette détente des cours du pétrole. Au coup de cloche final, le CAC 40 - qui n'avait plus progressé de plus de 1% depuis le 20 février dernier s'adjugeait 1,8% tandis que le DAX prenait 2,2% et l'Euro STOXX 50 plus de 2,5%.
Le redressement s'essouffle déjà
Les investisseurs ont salué les déclarations de Donald Trump selon lesquelles "la guerre touchait quasiment à sa fin", mais ces propos encourageants ont désormais moins d'effet sur la tendance, d'autant que le président américain a précisé par la suite que le conflit prendrait fin bientôt, mais pas cette semaine.
Après avoir subi une chute historique de plus de 11% hier, sa plus forte baisse en une séance depuis mars 2022, le Brent se stabilise autour de 87,7 dollars ce matin, ce qui fait encore apparaître une "prime de risque" d'environ 20 % par rapport aux niveaux précédant les frappes contre l'Iran.
Conséquence, les incertitudes liées à la durée des affrontements, à leurs implications sur la croissance et l'inflation avec la hausse des matières premières et sur les politiques monétaires des banques centrales dominent de nouveau les échanges.
"On ne va pas se mentir : dans les faits, la désescalade se fait toujours attendre", commente ce matin Michael Brown, le stratégiste de Pepperstone.
"On n'observe toujours aucune reprise significative du trafic dans le détroit d'Ormuz", observe l'analyste. "Les rumeurs d'hier concernant une escorte de pétroliers par la Navy ont vite été douchées et plus inquiétant encore, les renseignements américains rapportent que l'Iran serait en train de poser des mines dans la zone", poursuit-il.
"Si ça se confirme, c'est un vrai "game changer" dans le mauvais sens du terme, car cela rendrait toute tentative de réouverture du détroit infiniment plus complexe et risquée", conclut le stratège.
Le soufflé retombe : la géopolitique reprend le dessus
Wall Street a d'ailleurs connu une séance agitée mardi, alternant phases de hausse et de baisse, pour terminer dans le rouge, l'indice Dow Jones cédant 0,1% et le S&P 500 lâchant 0,2%.
Mais les contrats à terme sur les principaux indices américains suggèrent une ouverture en hausse de Wall Street ce mercredi dans le sillage des bons résultats publiés après la clôture par le concepteur de logiciels d'entreprise Oracle.
Le groupe américain a dévoilé des performances supérieures aux attentes, portées par une forte demande pour ses services de cloud computing liés à l'intelligence artificielle. Au troisième trimestre, l'entreprise a enregistré un chiffre d'affaires de 17,19 milliards de dollars, dépassant l'estimation moyenne des analystes fixée à 16,91 milliards.
Suite à cette publication, l'action du groupe basé à Austin progressait de plus de 11% dans les échanges d'après-Bourse.
Cette perspective expliquait le bilan plutôt favorable de la séance du jour en Asie, où le Nikkei progressait de 1,4% à Tokyo en fin de journée.
La volatilité reste en outre nettement supérieure à ses niveaux des derniers mois et tend difficilement à se normaliser: à New York, l'indice VIX reste supérieur, à 22, au niveau de 20 témoignant d'un stress des marchés. Son équivalent pour l'Euro STOXX reste lui aussi élevé, au-dessus de 25.
Si certains intermédiaires commencent à conseiller de profiter du récent accès de faiblesse pour se positionner sur des valeurs bradées, à l'instar de Deutsche Bank, d'autres conseillent aux intervenants de se montrer prudents afin de ne pas se retrouver piégés par un nouveau retournement des marchés.
"Il est rarement facile d'y voir clair dans les événements géopolitiques, l'administration américaine actuelle semblant adopter l'incertitude comme stratégie de négociation", rappellent les équipes de Janus Henderson.
"Ce que nous pouvons retenir des événements de ces derniers jours, c'est que le conflit pourrait durer plus longtemps que beaucoup ne l'avaient initialement espéré", ajoute le gestionnaire d'actifs.
"Cela signifie que l'impact économique pourrait être plus important, et les marchés ont réagi en intégrant cette évolution dans leurs cours", explique-t-il.
A cet égard, le marché sera particulièrement attentif, à 13h30, à la publication des derniers chiffres de l'inflation américaine, vue relativement stable en février, au voisinage de 2.5% sur un an, mais qui devrait fortement se redresser en mars suite au récent rebond des prix de l'énergie.
Egalement très attendu, l'indice des prix PCE, mesure privilégiée de l'inflation par la Fed, sera quant à lui publié vendredi.
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